samedi 4 mai 2013

STOKER

1h40 - Sortie le 1er mai 2013

Un film de Park Chan-Wook avec Mia Wasikowska, Matthew Goode & Nicole Kidman
Après la mort de son père dans un étrange accident de voiture, India, une adolescente, voit un oncle dont elle ignorait l’existence, venir s’installer avec elle et sa mère. Rapidement, la jeune fille se met à soupçonner l’homme d’avoir d’autres motivations que celle de les aider. La méfiance s’installe, mais l’attirance aussi…

La Moyenne des Ours : 3/5

Le point de vue de Pépite : 4/5
Park Chan-Wook est un génie du montage, du cut et de la surimpression.
Si le sujet peut être grinçant pour certains, les occupations ou désirs des personnages étant quelque peu malsains, Stoker use d'un mystérieux magnétisme et nous hypnotise : on est fascinés par le dernier Park Chan-Wook.
La photographie exemplaire et la science du montage (élevée au rang d'art ici) qu'apporte Park Chan-Wook à sa première réalisation américaine montent le film au niveau de petit chef d'oeuvre, alors même que le remake américain du film qui l'avait révélé au public international, Old Boy, est en train d'être réalisé par Spike Lee.
Petit chef d'oeuvre, car non exempt d'éléments potentiellement rebutants : son rythme lent, le peu d'indices sur la longueur (alors qu'au moment de la révélation on nous dit tout d'un coup), et le faible accès aux pensées et raisonnements de ces psychopathes de personnages peuvent alourdir le film.
Stoker est un film efficace et réussi, démontrant qu'il est possible d'insuffler du fond à cette forme bien particulière du "film de montage", là où Berberian Sound Studio ennuyait.

Le Mot du Comte : 2/5
S'il arrive parfois qu'un scénario fasse boiter un film jusqu'à le plomber malgré une mise en scène relativement intrigante, il faudrait citer "Stoker" en exemple. Si le film met très longtemps à démarrer (pendant la première demie heure, on ne sait pas trop où l'on va), l'histoire est, dans son ensemble, très prévisible et du coup, pas très innovante. C'est dommage. Et le malsain provoqué par les thèmes qu'abordent le film (le sexe en rapport avec la mort, l'inceste fantasmé) est parasité par la grossièreté des coups de théâtres et l'absolu sérieux d'une intrigue qui tend pourtant grand les bras au second degré et à l'humour. Qui plus est, le film laisse très peu la porte ouverte aux interprétations, la faute à un mystère quasi-absent (c'est pourtant un des sujets du film) et en réalité très superficiel.
L'univers du film est un monde gothique un peu bidon, où les courriers sont écrits à la plume et avec lettrines. Le personnage de Mia Wasikowska (supposé fantasme des garçons du film, alors qu'on a surtout envie de la baffer), India, est une bourgeoise fascinée par le macabre (le piano, car c'est gothique), version Tim Burton cheap. Matthew Goode transmet autant d'émotion qu'une poupée de cire surmaquillée avec un balai dans le cul. Quand ce n'est pas tout bonnement ridicule (comme cette scène de masturbation sous la douche, en montage alterné avec une nuque qui se brise), "Stoker" fait aussi dans le lourdingue : elle met des talons et devient femme, le film serait alors une allégorie du passage à l'âge adulte? Stupeur candide.
Sinon, les morts s'empilent comme les incohérences (les gens disparaissent sans que cela éveille les soupçons, si ce n'est celui d'un shérif dénué de tout instinct policier).
Le déjà-vu du scénario plombe vraiment la mise en scène de Park Chan-Wook, qui parsème son film de jeux de montages intéressants et de motifs qui se répètent, le tout couronné par une extraordinaire direction sonore. Il est fascinant de constater que le film tient par ensemble de demie heure, mais très peu sur sa durée complète. Car oui, c'est très long.
Alors bien sûr, par ses thèmes et la littéralité des séquences (l'homme mystérieux du cimetière, la douche), c'est Hitchcockien. Mais l'emprunt gratuit, c'est un peu vain. Bien qu'il soit élégant (mais si peu raffiné), "Stoker" n'apporte hélas pas grand chose d'autre que ses références.

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