samedi 8 décembre 2012

TROIS MONDES

1h41 - Sortie le 5 décembre 2012

Un film de Catherine Corsini avec Raphaël Personnaz, Clotilde Hesme, Arta Dobroshi, etc.
Al est un jeune homme d’origine modeste à qui tout réussit : il se marie dans huit jours avec la fille de son patron et doit prendre la tête de l’entreprise de son futur beau-père. Une nuit, après une soirée arrosée à fêter dignement tous ces projets d’avenir, il renverse un inconnu. Poussé par ses deux amis d’enfance, il abandonne le blessé et s’enfuit. De son balcon, Juliette a tout vu. Hantée par l’accident, elle va aider Véra, la femme du blessé, à retrouver l’homme qu’elle a vu fuir.

La Moyenne des Ours : 0,5/5

Le point de vue de Pépite : 0,5/5
J'avais bien aimé Personnaz dans Les Invités de mon père alors qu'il jouait un petit rôle. Je l'avais adoré dans La Princesse de Montpensier (il était d'ailleurs le seul point positif du film) alors qu'il jouait un personnage secondaire. Autant dire que j'attendais son arrivée dans un premier rôle avec impatience et curiosité. Et bien c'est vraiment dommage que ce soit avec Trois Mondes qu'on le redécouvre... En fait, je ne comprend même pas comment ce "film" a pu devenir un film... J'aurais plus compris s'il était devenu un 52minutes pour France 3 directement... Mais ici, sur 1h41, on patine constamment. Les "3 Mondes" ne sont en fait qu'un seul, celui de la petite magouille transposée à bien des niveaux. A part Raphaël Personnaz qui essaye de tirer son personnage vers le haut, et Clotilde Hesme plutôt sobre, c'est mal dirigé. La faute à un scénario cliché et mou, qui rajoute une romance pour étoffer "du rien", qui multiplie les scènes inutiles, etc.  La mise en scène est très automatique et sans grand intérêt. Ce téléfilm fade est à éviter. Et Personnaz, on t'attend sur La Stratégie de la Poussette j'imagine ? En 2013 alors...

Le mot du Comte : 0,5/5
Après le fade "Partir", Catherine Corsini livre avec "Trois Mondes" un téléfilm haut de gamme, lent et mou. Mystérieux titre (trois histoires donc trois mondes? youpi) et film à sujet sans gueule, filmé sans élan ni passion. La mise en scène se résume ainsi : champ, contre champ, dialogue, captation.
Ce téléfilm haut de gamme se paye un joli casting malheureusement très sous-employé, la faute à une caractérisation stéréotypée des personnages (Personnaz incarne un BG pourri à qui tout réussi, Hesme campe une étudiante bobo qui joue la mère Teresa, et Rasha Bukvic un brave immigré). La pauvreté des dialogues éclate lorsque Corsini va les pomper chez Audiard : la scène de confrontation entre Personnaz et son patron Testard ressemble étrangement à celle de Malik et du parrain Luciani ("Si tu bouffes, c'est à cause de moi..." etc).
Puisqu'elle doit bien mener son scénario vers sa fin, ces mêmes personnages se mettent subitement à se comporter de façon très radicale, et plongent le film dans la superficialité la plus complète (la main de l'auteur devant son scénario...)
En dehors de ça, le sous-texte social (sur l'immigration) n'est pas nouveau puisqu'il est très en vogue dans un certain cinéma français (et ce depuis le joli "Welcome"), y'en a un peu marre. Et même plus larmoyant car ici très poussif. On ne comprend guère le point de vue de Corsini sur son sujet : le point culminant est atteint lors de la scène ou Arta Dobroshi (Vera, la veuve) négocie le prix des organes de son mari à l'hôpital... C'est gênant, la réalité du propos du film dessert complètement la cause sociale qu'il est censé défendre. Confusion et contresens.
"Trois Mondes" frise le ridicule, tant dans sa forme inexistante, ses dialogues ridicules et son rythme, complètement aléatoire, dont on ne ressent que l'extrême lenteur (le plan final, s'il fut un jour porteur de sens, en est la cerise sur le gâteau).

lundi 3 décembre 2012

LES CINQ LÉGENDES

1h37 - Sortie le 28 novembre 2012

Un film de Peter Ramsey avec Chris Pine, Isla Fisher, Alec Baldwin, Hugh Jackman et Jude Law
L’aventure d’un groupe de héros, tous doués de pouvoirs extraordinaires. Emmenées par Jack Frost, un adolescent rebelle et ingénieux, ces cinq légendes vont devoir, pour la première fois, unir leurs forces pour protéger les espoirs, les rêves et l’imaginaire de tous les enfants.

La Moyenne des Ours : 3,5/5

La pensée de Juani : 4/5
Ce qu’il faut savoir c’est que l’univers est cool. Et notez que les voix originales valent le détour. On se marre (merci les petits lutins du père Noël), par contre l’histoire n’est pas transcendante et personnellement, je m’attendais a un des « grands retournements scénaristiques » mais on s’en fiche ! Quand on va voir des dessins animées, on y va avec une mentalité différente, tout plein d’émerveillement (ça pourrait être une réplique du père Noel, décidément  on sent que les fêtes de fin d’année arrivent !). Bref, pour en revenir à l’essentiel : c’est une jolie pause dans une mauvaise routine.

L'Opinion de Tinette : 3,5/5
Ça faisait bien longtemps que je n'avais pas autant aimé un film d'animation. Tout y est : la magie et les bons sentiments pour les enfants, quelques scènes et répliques croustillantes qui amusent aussi les plus grands, et des images juste superbes. Les personnages si légendaires que l'on connaît sont mixés avec personnages modernes, ce qui évite le coté cliché que ce film aurait pu facilement posséder (le père Noël est une sorte de monstre Russe qui ne cache pas être mauvais parfois, le lapin de Pâques est un australien qui n'a pas peur de taper...). Le méchant du film est parfaitement doublé par Jude Law (et son accent anglais meurtrier). Celui ci fait peur, inquiète mais sans en faire trop et devenir une espèce de sorcière pas gentille comme le sont les méchants dans Disney. 
Le seul soucis de ce film pour moi est le rythme... Le film met du temps à s'installer, et puis ça part en trombe sans qu'on ait de réel moment de pause. On suit donc les 5 personnages principaux, plus la vie de quelques enfants, sans qu'aucun ordre ne soit donné. J'avoue que je ne sais pas trop expliquer ce qui m'a gêné, peut être que je suis trop habituée aux rythmes classiques de dessins animés...
Enfin un très bon et beau film d'animation, qui peut en plus vous apporter une petite joie de vivre et nostalgie passagère. A voir.

Le mot du Comte : 3/5
"Les Cinq Légendes" est un film plein de malice, qui explore de façon savoureuse les légendes et mythes enfantins en y apportant un univers construit et cohérent (c'est de la magie me direz-vous), un envers au décor de notre imaginaire. Le scénario est bien construit, même s'il tend à trop s'enfermer dans les carcans hollywoodiens de la narration (apprentissage, première défaite, remise en question, victoire). Le film part sur un bon rythme et l'humour apporté par les personnages de second plan (les elfes, yétis ou autres fées) est le bienvenue. Les mélomanes trouveront dans la musique quelques clins d'oeils, comme par exemple à "Jurassic Park" (faut dire que Spielberg est un des patrons du studio Dreamworks, ça aide).
En revanche, le mélange des univers (du père Noël, du lapin de Pâques, de la fée des Dents) est parfois difficile à digérer. Visuellement parlant, ça bloque quelques fois.
Le Croquemitaine, le vilain du film est savamment doublé par Jude Law, dommage que son graphisme n'ait pas été plus travaillé et son psyché un peu plus habilement construit.
"Les Cinq Légendes" remplit son cahier des charges de manière efficace et parfois un peu brouillonne (les scènes de batailles sont très confuses). Le film ne se hisse cependant jamais au niveau des grands films d'animations ("Toy Story" ou le récent "Wall-E") la faute à une absence totale de mise en scène et de composition d'image. Et oui, même les films d'animations ont besoin de metteurs en scènes.

Le point de vue de Pépite : 3,5/5
Les Cinq Légendes est un très bon film "d'entertainment" familial, servi par une histoire originale et inventive.
Cela faisait longtemps qu'on attendait le film d'animation original et bien fait qui pourrait nous surprendre dans le contexte cinématographique des suites et des remakes. Le film de Peter Ramsey accepte le défi, et c'est une réussite. Certes, c'est une adaptation, mais au cinéma l'histoire est assez originale : des héros mythiques au service des enfants et qui tiennent leurs pouvoirs de ces mêmes enfants grâce à leur croyance en eux.
Les personnages créés autour de ces figures mythiques sont stupéfiants, et ils sont donc encore plus "vrais que nature" ! Un lapin de Pâques géant à l'accent australien (Hugh Jackman, hilarant), un gros père noël pataud russe (Alec Baldwin, lui aussi très drôle), une fée des dents aidée par de très nombreuses petites fée/colibri et un marchand de sable très attachant... Et puis ce Jack Frost, un personnage central que l'auteur a su rendre indispensable à l'intrigue.
En France, on ne connaît pas cette figure folklorique anglo-saxonne (il serait à l'origine du givre, des nez et des pieds glacés par le temps, etc.), mais on comprend progressivement sa symbolique, sa signification, et la curiosité en son envers ne fait qu'aller de paire avec la curiosité générale qu'on peut avoir pour le scénario.
L'histoire subit des retournements de situations relativement classiques, mais si on va dans le détail on se rend comte de la foule de petits détails et attentions (grand soin dans les "plantings" et dans les "gags à trois temps") qui font que constamment il y a quelque chose à l'écran qui peut faire rire le public. Et on rit, oh qu'est-ce qu'on rit parfois ! C'est un vrai plaisir de remarquer ces petits détails (les elfes de noël absurdes et ridicules qui rappellent les "Minions" de "Moi, moche et méchant, mais aussi les Yetis, les oeufs de Paques, etc.), et ça renforce grandement l'humour des situations déjà portées avec efficacité par les personnages et les voix de doublage. Pâques Allez voir Les Cinq Légendes en famille ou entre amis, vous ne serez pas déçus, surtout si vous y allez "en enfant".

THÉRÈSE DESQUEYROUX

1h50 - Sorti le 21 Novembre 2012

Un film de Claude Miller avec Audrey Tautou, Gilles Lellouche et Anaïs Demoustiers
Dans les Landes, on arrange les mariages pour réunir les terrains et allier les familles. Thérèse Larroque devient Madame Desqueyroux ; mais cette jeune femme aux idées avant-gardistes ne respecte pas les conventions ancrées dans la région. Pour se libérer du destin qu’on lui impose, elle tentera tout pour vivre pleinement sa vie…

La moyenne des Ours : 2,7/5

Le point de vue de Pépite : 2,5/5
Thérèse Desqueyroux n'est au final pas si désagréable que je l'aurais cru.
C'est une assez bonne adaptation (comme il y en a peu) du roman de François Mauriac, qui pourrait se résumer (si on est vraiment des vilains blasphémateurs) par : c'est l'histoire des caprices d'une provinciale qui veut monter à Paris. Je grossit les traits bien sûr, mais on se rend compte assez vite que le rythme du dernier film de Claude Miller ne sera jamais des plus accrocheurs. C'est long, très long, mais il semble également que c'était typiquement ce rythme qui était nécessaire pour adapter correctement le roman de François Mauriac. Les comédiens sont tous très fidèles aux personnages de Mauriac (Lellouche en tête, bluffant dans ce rôle de provincial simple attaché à la terre et aux valeurs familiales), et même Audrey Tautou (qui minaude et joue du Audrey Tautou) se rattache assez bien à l'univers de Thérèse Desqueyroux.
On peut malgré tout regretter l'académisme (assez pesant) présent dans chaque élément de la mise en scène (des fondus au noir systématiques aux plans un peu clichés comme Thérèse couvrant son reflet de la main, entre autres). Les plans du bateau de l'amant d'Anaïs Demoustier sont par contre très beaux (à la limite de la carte postale).
Le dernier film de Claude Miller n'est certainement pas un chef d'oeuvre (d'inventivité notamment) mais a le mérite de rendre un élégant hommage au Thérèse Desqueyroux de François Mauriac, présent à chaque minute du film.

Le mot du Comte : 3/5
"Thérèse Desqueyroux" n'est pas un film désagréable, loin s'en faut. C'est un film lumineux et porté par l'interprétation des rôles secondaires (comme Anaïs Demoustier ou Catherine Arditi dans le rôle d'une marâtre). Là ou le bat blesse, c'est dans l'interprétation du couple principal, Audrey Tautou et Gilles Lellouche. Dans la première demi-heure du film, la lourdeur des dialogues qu'ils récitent donnent l'impression qu'ils ne sont pas là: tout sonne à peu près faux. Dans la seconde partie du film heureusement, le rôle finit par les habiter (enfin!)
Adapté d'un roman de François Mauriac, "Thérèse Desqueyroux" souffre de son académisme monstrueux. Les cadrages sont étouffants et bien proprets, et l'image fait parfois carte postale (moins que l'affreux "La Fille du Puisatier" cependant). Le film sent comme un vieux livre. La côté littéral du film est ici accentué par de nombreux plans clichés (Tautou cachant son reflet avec sa main ou venant humer la pluie tomber sur son visage, waouh) et une musique constitué presque intégralement que de piano (un même motif répété encore et encore) et qui arrive pour souligner ce qu'on sait déjà (et ces innombrables fondus au noir, en 2012, franchement). Certes, ces partis pris entrent en cohérence avec la vie rangée et morne du personnage de Tautou, mais quand même, un peu de surprise et de vivacité auraient été les bienvenues.
Dommage également que le film ne se contente de faire le porte voix d'un discours sur l'émancipation de la femme mille fois vu. Le dernier film de Claude Miller aurait gagné à être moins poussiéreux, car si la ballade n'est franchement pas déplaisante, elle reste tout de même bien lourde.

samedi 1 décembre 2012

MAUVAISE FILLE

1h48 - Sortie le 28 novembre 2012

Un film de Patrick Mille avec Izia Higelin, Arthur Dupont, Carole Bouquet & Bob Geldof
Louise apprend simultanément qu’elle est enceinte, et que sa mère est gravement malade. Le bonheur et la culpabilité, l’euphorie et la tristesse, l’amour filial et l’amour tout court. Il faudra bien neuf mois pour gérer tout ça…

La Moyenne des Ours : 1,5/5

Le point de vue de Pépite : 2/5
Mauvaise fille est un film intéressant, mais peut-être trop "personnel" pour vraiment intéresser.
La première demie-heure se déroule plutôt bien, notamment grâce à la performance d'Izia Higelin, pleine d'énergie de jeu et de proposition. Au niveau de l'histoire, on accepte assez vite ce qui se met en place sous nos yeux : "l'éducation" particulière de Louise, la maladie de la mère, l'heureuse nouvelle du bébé qu'attend Louise, le père superstar, etc. Ce qui s'esquisse attise un début de curiosité et la fraîcheur d'Izia encore une fois nous aide à y adhérer un peu. Mais hélas, le scénario s'enraille assez vite pour ne faire plus que du surplace. L'énergie d'Izia ne sert plus l'intérêt du film parce que Patrick Mille n'arrive pas à la canaliser dans "le bon sens". Cette énergie contamine alors tous les personnages, et tout le monde s'énerve plutôt vite et pour pas grand chose. Cela donne par exemple une scène de repas parfaitement insupportable tant ça gueule dans tous les sens, ça crie, ça gesticule, soit disant dans la bonne humeur ; c'est anxiogène.
Quand arrive finalement le "dénouement", non pas de l'histoire, mais du personnage, on ne s'y intéressait plus vraiment depuis un petit moment. C'est dommage, on aurait voulu que l'univers autour d'Izia Higelin tienne plus la route et nous emporte dans la frénésie qui ne nous est que montrée, jamais partagée.

Le mot du Comte : 1/5
"Mauvaise Fille" commence plutôt bien. La fraîcheur de Izia Higelin est une bonne surprise et la puissante scène des arènes d'Arles (une corrida) laisse augurer le meilleur. Hélas, ces premières minutes passées, il ne se passe plus rien. Absolument plus rien. Le motif de la narration (Izia a peur d'annoncer à sa mère atteinte du cancer qu'elle est enceinte) est très faible. Plus le temps passe, plus le film s'effrite et ne devient qu'un téléfilm de bas étage, qui ne contient (vous l'aurez compris) aucune idée de cinéma.
La mise en scène de Patrick Mille est très peu élaborée et d'une fadeur absolue. Aucun relief ne se dégage de cette trame à l'émotion fabriquée.
Tentant de nous attacher à ses personnages et à ce qu'il leur arrive, Mille a recours à des flashbacks dont la temporalité est très mal marquée. Du coup, le spectateur perd le fil (si tant est qu'il y en est encore un à ce niveau).
Les personnages du film, qui évoquent peut-être le milieu germanopratin de Mille et de sa compagne Justine Levy (qui a écrit le bouquin d'origine), sont assez antipathiques (les scènes de dîners, de fêtes, où tout ce bobo-monde s'amuse, sont repoussantes) et réalisent que malgré leur pognon et leur désagréable insouciance, il ne peuvent échapper à la mort. Et oui. "Mauvaise Fille" se retrouve coincé entre le nombrilisme infect de la classe qu'il dépeint et son snobinardisme tapageur (la scène où le gynéco demande à Izia de l'aider à publier son livre en est la preuve).
La dernière heure du film est un véritable supplice, le spectateur se contrefout absolument de ce qu'il se passe devant ses yeux ennuyés. Cette histoire n'intéresse personne. La scène finale (dans le cimetière, où mère, fille et grand-mère sont réunies) s'autorise le même niveau de kitsch que celui du film "Elles" (voir ici).
"Mauvaise Fille" est un mauvais film, condamné à disparaître dans les limbes des grilles de télévisions, qui lorsqu'elles l'ont financé, n'ont capitalisé que sur la réputation du roman d'origine. Zappons.

mercredi 28 novembre 2012

THE IMPOSSIBLE

1h47  - Sortie le 21 Novembre 2012

Un film de Juan Antonio Bayona avec Naomi Watts, Ewan McGregor et Tom Holland
L’histoire d’une famille prise dans une des plus terribles catastrophes naturelles récentes. The Impossible raconte comment un couple et leurs enfants en vacances en Thaïlande sont séparés par le tsunami du 26 décembre 2004. Au milieu de centaines de milliers d’autres personnes, ils vont tenter de survivre et de se retrouver. D’après une histoire vraie.

La Moyenne des Ours : 3,8/5

Le mot du Comte : 3,5/5
"The Impossible" est un film intime et sensoriel, qui reproduit de manière spectaculaire et intense (et oui) le tsunami qui frappa les côtes asiatiques en 2004.
Se focalisant sur le sort d'une famille, Bayona opte pour une mise en scène partagée entre le pur spectaculaire (il est aidé par des effets spéciaux discrets et utiles) et la réaction de l'individu perdu, isolé, seul dans le chaos. C'est un des aspect du film les plus réussis: le personnel, le corporel et le sensoriel.
La séquence du tsunami est époustouflante et glace le sang: imaginez Naomi Watts dans un lave-linge dont l'eau serait remplie de clous, de morceaux de verre et de branches pointues. Insupportable.
Les scènes qui suivent (Watts et son fils dans les décombres, le réveil après la tempête) est d'une intensité rare: comment faire quand il n'y a plus rien? Quand tout est dévasté? Quand il n'y a plus aucun repère ni aucun contact avec le monde extérieur? "The Impossible" pâtit un peu de la structure de son scénario car si le spectateur sait une chose, c'est que tout les protagonistes principaux survivent. L'ironie dramatique (ici elle consiste à savoir quand et comment ils se retrouveront) est moins puissante que le suspense qui aurait pu se dégager des recherches des uns et des autres.
On se serait passé des allusions christiques de Bayona (Watts qui surgit des flot dans un halo de soleil) et de la musique tire-larme (trop de piano, trop de violons). Beaucoup de scènes feront sans doute pleurer car face a un tel choc, qui peut rester de marbre? Bayona ne tombe pas trop dans le piège de l'exhibition macabre (même si, par volonté de réalisme, il filme des cadavres).
Un film impressionnant, puissant et fort, mais qui a tendance à trop se centrer sur l'évènement, plus que sur une véritable dramaturgie.

Le point de vue de Pépite : 4/5
The Impossible est un film poignant et bouleversant, qui traite avec efficacité d'un drame difficilement imaginable.
C'est la prouesse de Juan Antonio Bayona, tout dans son film transparaît de vérité. Une vérité passée au prisme du cinéma, bien entendu, mais des décors aux dialogues, tout est très juste. Et c'est juste parce qu'il y a certains décalages qui peuvent étonner quant à la cinématographique contemporaine. Les dialogues notamment, où la pudeur du fils envers sa mère (qui ne peut pas "la voir comme ça", lorsqu'elle est "débraillée" après le cataclysme"), etc., résonnent avec étrangeté. Mais tout de suite une pensée nous traverse, qui sommes-nous pour juger ce qui est dit par des survivants d'un tsunami ? Alors, la force de l'aîné, les préoccupations de la mère, le combat et la recherche du père, les pleurs du cadet, etc. Tout sonne juste. tellement juste que les plus petites choses nous émeuvent. C'est pour cela que ce film en fera pleurer plus d'un. La simple vue d'un père retrouvant son fils dans un hôpital bondé en Thaïlande où personne ne semble parler leur langue (le suédois) et bouleversant.
Je pardonnerais alors la principale faiblesse scénaristique du film. Une fois qu'on a quitté la mère et son aîné, et qu'on retrouve le père et les deux autres enfants, on "sait", qu'ils ont tous survécu. Mais l'enjeu n'est ensuite plus dans ce fait-là : Juan Antonio Bayona dresse un portrait bouleversant de la catastrophe en suivant des parcours très différents des personnages secondaires rencontrés par nos protagonistes.
Attention aux coeurs fragiles, mais je recommande ce film avec force. C'est un témoignage très fort et très bien mis en scène sur une catastrophe qui n'a pas encore été effacée de nos mémoires.

mardi 27 novembre 2012

ROYAL AFFAIR

2h16 - Sortie le 21 Novembre 2012

Un film de Nikolaj Arcel avec Mads Mikkelsen, Alicia Vikander, Mikkel Boe Folsgaard
Danemark 1770. La passion secrète que voue la reine Caroline Mathilde au médecin du roi, l’influent Struensee, va changer à jamais le destin de la nation toute entière. Royal Affair relate une page capitale de l’histoire danoise, oubliée des manuels français. La relation amoureuse et intellectuelle entre Caroline Mathilde et Struensee, fortement influencée par les philosophes des Lumières, Rousseau et Voltaire en tête, conduira au renversement de l’ordre social établi, et annoncera les révolutions qui embraseront l’Europe vingt ans plus tard.

Le point de vue de Pépite : 4/5
Royal Affair est un film historique très réussi qui dépeint un fragment de l'Histoire du Danemark avec délicatesse et talent, reposant également beaucoup sur sa distribution 4 étoiles.
Nikolaj Arcel raconte cette histoire avec beaucoup de délicatesse, ce qui fait qu'on s'éloigne souvent de la lourdeur habituelle des films historiques. Dans Royal Affair on comprend l'intériorité des personnages grâce à un traitement du son très particulier, très sensuel. La respiration passe par-dessus le reste des sons, et très subtilement, on voit les choses se dessiner.
La délicatesse vient également du trio de comédiens qui domine le film. Mads Mikkelsen et Alicia Vikander forment un couple charmant, tantôt tout en retenue, tantôt passionné. Enfin, Mikkel Boe Folsgaard est tout simplement prodigieux dans son rôle de roi enfant, un peu fou et très tourmenté. Il prend tout comme un jeu, il est très fragile, et peut piquer des colères assez spectaculaires. Autour de ce trio fabuleux, Nikolaj Arcel place une galerie de personnages très crédibles dans le contexte du Danemark de la fin du 18ème siècle.
Parfois, on regretterait presque que le film aille exactement où il doit aller, vers la réalité historique. On est tellement pris par les idées "révolutionnaires"  du médecin Struensee (Mads Mikkelsen) qu'on est frustrés de voir tous ces efforts piétinés par l'aristocratie. Mais le film réussit à nous intéresser à ce fragment de l'Histoire, avec sa grande hache, du Danemark, méconnue dans nos contrées.
Je vous recommande ce beau film, qui prouve encore une fois que Mads Mikkelsen est un acteur majeur dans le paysage cinématographie actuel.

dimanche 25 novembre 2012

OPERACIÓN E

1h49 - Sortie le 28 Novembre 2012

Un film de Miguel Courtnois Paternina avec Luis Toscar et Martina García
Colombie, décembre 2007 : le monde entier attend la libération de deux otages des FARC, Clara Rojas et son fils Emmanuel né en captivité. Or quelques années plus tôt, le bébé a été confié de force par la guérilla à un pauvre paysan, José Crisanto. Le film raconte l’incroyable et bouleversante histoire de cet homme et de sa famille dont la vie va se transformer en tragique périple.

Le point de vue de Pépite : 3/5
L'histoire racontée dans Operacion E est invraisemblable et absurde, mais est à 98% vraie. C'est en tout cas ce que confient le réalisateur et le comédien principal, Luis Toscar, également coproducteur. L'histoire de Crisantos, producteur de cocaïne pour les FARC, qui doit s'occuper d'un bébé alors qu'il a une famille nombreuses à charge, déjà difficile à nourrir, est "bigger than life". Et malheureusement, au niveau du scénario et des situations, on n'a pas assez "d'explications". Les premiers membres des FARC qui confient le bébé à Crisantos hurlent sur celui-ci qu'ils n'ont pas le temps de s'en occuper et que lui va devoir le faire, sinon ils reviendront tuer sa famille. Leurs motivations sont au départ un peu fausses, mystérieuses, "too much". Et ce genre d'urgence - que l'on ne sent que vers la fin - est assez fréquente tout au long du film.
Mais, peu importe en fait. Operacion E est plus que le simple récit de cette "aventure" absurde et dure. Le film de Miguel Courtois Paternina est plutôt un portrait poignant (et plutôt pessimiste) de la situation colombienne, et plus globalement un film sur les pays en situation de guerre avec leurs lots de déplacements de réfugiés, victimes innocentes de ceux qui de chaque côté se proclament "héros" ou "libérateurs".
La pluie domine ce film qui se passe entre la jungle et les bidonvilles de Colombie, images de désolation accompagnées par la musique très inspirée de Thierry Westermeyer qui n'est pas sans rappeler la musique du roadmovie latinoaméricain de Walter Salles, Carnets de Voyage, composée par Gustavo Santaolalla.
 Luis Toscar, héros simple, pauvre, menteur et victime, est très fort.
Operacion E est un film très intéressant, qui soulève un certain nombre de questions, notamment quant à la situation colombienne actuelle.

LES LIGNES DE WELLINGTON

2h31 - Sortie le 21 novembre 2012

Un film de Valeria Sarmiento avec John Malkovich, Marisa Peredes, Melvil Poupaud, etc.
En septembre 1810, les troupes napoléoniennes, emmenées par le Maréchal Masséna, envahissent le Portugal. Lors de la bataille de Buçaco, Masséna est défait. Pour autant, Portugais et Britanniques, sous le commandement du Général Wellington, battent en retraite. Wellington espère ainsi attirer l’ennemi à Torres Vedras, où il a fait bâtir des lignes de fortifications infranchissables. Cette stratégie, couplée à une opération de terre brûlée, plonge les populations civiles dans l’exode.

La Moyenne des Ours : 3,8/5

Le mot du Comte : 3,5/5
"Les Lignes de Wellington" est un film monumental qui nous plonge, à travers le prisme de plusieurs histoires entre-mêlées, dans la réalité de la conquête Napoléonienne du Portugal.
Préparé par Raoul Ruiz (qui n'eut jamais le temps de le finir) et achevé par Valeria Sarmiento, le film se rapproche du précédent et épatant film-fleuve de Ruiz, "Les Mystères de Lisbonne" (également porté par le producteur Paulo Branco, et dans lequel on retrouve beaucoup des acteurs du film).
Le film porte la trace de Ruiz, on y retrouve tout les éléments qui ont fait sa réputation: l'élégance absolue de la mise en scène (à travers une habile construction des cadres et de subtils mouvement de caméra) et la beauté spectaculaire des décors qu'il filme.
Film massif et imposant, il possède les défauts de ses qualités: on ne s'ennuie pas mais on sent le temps qui passe (le film gagnerait peut être à perdre 20 minutes). Le scénario est pourtant habilement construit; le spectateur suit le destin de plusieurs personnages de couches sociales différentes et happés par la guerre que se livrent deux hommes, le Général Wellington (John Malkovich, brillant) et le Maréchal Masséna (Melvil Poupaud, hélas peu présent).
Il faut en effet regretter les courtes apparitions d'acteurs poids-lourds (Isabelle Huppert, Michel Piccoli, Catherine Deneuve, Mathieu Amalric), qui, sitôt leur scène achevée, ne reviendront pas. Dommage.
Le scénario fait ici le choix de ne pas traiter que du spectaculaire (les batailles) mais aussi de l'intime, c'est plutôt rare et appréciable.
Le film ressemble a un bloc écrasant, par sa durée, son ambition et sa grandiloquence. S'il ressemble beaucoup aux "Mystères de Lisbonne", il n'en atteindra jamais la profondeur et la puissance, mais "Les Lignes de Wellington" valent quand même le déplacement.

Le point de vue de Pépite : 4/5
Les Lignes de Wellington est un très bon film qui s'intéresse aux histoires personnelles de plusieurs "acteurs" d'une guerre napoléonienne au Portugal, sans vraiment montrer les combats eux-mêmes.
C'est là sa force : les récits entrecroisés et les destins mêlés de ces personnages tous très humains sont assez rares au cinéma. On suit des "déplacés", les Portugais qui sont priés par les Anglais de quitter leurs maisons et de prendre la route avec leurs familles pour ne pas tomber sous la dominations française, un soldat Portugais qui est derrière les lignes ennemies et rencontre des déserteurs de l'armée française, un Portugais et des Ukrainiens dont les illusions de "Liberté, Égalité, Fraternité" ont été brisées ; on suit une famille anglaise qui était installée au Portugal et qui doit fuir comme les autres, mais aussi une femme irlandaise qui avait suivi son mari soldat...
Vous l'aurez compris, c'est vraiment très intéressant de suivre ces histoires parallèles au combat lui-même. Les comédiens sont globalement tous très inspirés et livrent un jeu qui sert à 100% le point de vue du film. Mais il y a plein d'histoires entremêlées, ce qui a pour effet de ralentir le rythme général. Cependant, cette longueur et ce rythme sont pertinents, comme les déplacés du film, nous suivons un chemin long et semé d’embûches.

COMME DES FRÈRES

1h44 - Sortie le 21 novembre 2012

Un film de Hugo Gélin avec Pierre Niney, Nicolas Duvauchelle et François-Xavier Demaison
Depuis que Charlie n’est plus là, la vie de Boris, Elie et Maxime a volé en éclats. Ces trois hommes que tout sépare avaient pour Charlie un amour singulier. Elle était leur sœur, la femme de leur vie ou leur pote, c’était selon. Sauf que Charlie est morte et que ça, ni Boris, homme d’affaires accompli, ni Elie, scénariste noctambule et ni Maxime, 20 ans toujours dans les jupes de maman, ne savent comment y faire face. Mais parce qu’elle le leur avait demandé, ils décident sur un coup de tête de faire ce voyage ensemble, direction la Corse et cette maison que Charlie aimait tant. Seulement voilà, 900 kilomètres coincés dans une voiture quand on a pour seul point commun un attachement pour la même femme, c’est long… Boris, Elie et Maxime, trois hommes, trois générations, zéro affinité sur le papier, mais à l’arrivée, la certitude que Charlie a changé leur vie pour toujours.

La Moyenne des Ours : 2,9/5

La pensée de Juani: 3,5/5
Mélange de comédie et de moments plus émouvants, un peu à l’image de la vie ; un road trip ; un pseudo mystère sur la nature des liens de ces 3 « hommes de la vie de Charlie ». Plus touchant que j’me l’imaginais donc bonne surprise.

L'Opinion de Tinette : 3,5/5
Comme des frères est un film simple, quelque peu prévisible mais qui remplit bien sa mission : divertir et émouvoir. 
Pour moi le plus gros soucis de ce film est le rythme trop réglé des flash back, qui fonctionne comme une horloge a l'envers. J'ai aimé le fait que l'on retourne jusqu’à la rencontre des personnages, mais les retours sont trop organisés. Quelques scènes sont extrêmement justes (en particulier celle durant laquelle ils apprennent la mort de leur amie). Les personnages sont assez simples à appréhender mais évitent en règle générale les clichés. J'ai adoré le personnage de Pierre Niney, ce petit mec un peu paumé qui a tout de même des choses à dire. J'ai passé un très bon moment, j'ai bien ris, j'ai versé ma larme. Alors oui on s'attend plus ou moins aux actions, mais je ne me suis pas ennuyée. Un film bien sympathique.

Le point de vue de Pépite : 3/5
Comme des frères est un film sympathique, non exempt de défauts mais qui parvient à amuser et parfois à émouvoir.
Je comprend la frustration du Comte le long du film. La construction a de quoi choquer. On commence à l'enterrement de Charlie. Les trois compères partent en road trip et en parallèle on découvre à rebours leur histoire avec Charlie. Au départ ça m'a un peu décontenancé. Revenir en flashbacks ainsi sur les relations passées entre les personnages peut sembler trop facile, c'est une sorte de manque scénaristique. Mais finalement, les informations délivrées dans le passé sont utilisées avec parcimonie dans le présent. 
Certaines occurrences et jolis mots sont un peu trop appuyés pour vraiment faire sourire,  mais parfois de vrais moments de comédie ont lieu. Pierre Niney en est le principal instigateur. Le personnage est-il très bien écrit ? Sans doute. Le comédien est-il excellent ? Oui. Peu importe où se situe le génie, toujours est-il que ce personnage complètement décalé et fragile est drôle et touchant : il apporte vraiment la bouffée d'air frais dont le film a besoin. Le scénariste a tellement placé de blagues, vannes et autres gags dans ce film, qu'il y en a un paquet qui manquent leur effet. Mais celles de Pierre Niney tombent souvent dans le mille, pour notre plus grand plaisir. Nicolas Duvauchelle se débrouille assez bien dans le registre malgré la lourdeur occasionnelle de son personnage un peu cliché, et François-Xavier Demaison s'inscrit assez bien dans le film sans faire néanmoins d'étincelles.
Comme des frères n'est pas un road trip haletant ni la comédie de l'année. Mais il est néanmoins assez amusant et il réussit parfois à nous intéresser à ce trio improbable, dans cette aventure improbable, avec un humour parfois lui aussi improbable.

Le mot du Comte : 1,5/5
Déprimant. Il est déprimant de voir un premier film ruiné par un manque latent d'ambition et de point de vue.
Les histoires de road trip sont toujours de gros paris, qui peuvent donner le meilleur ("Easy Rider"), et le pire, que voici. "Comme des frères" démarre au décès de Charlie (Mélanie Thierry) et ses trois amis décident de filer en Corse pour lui rendre hommage. Tenant à tout prix à nous faire ressentir de l'émotion vis à vis de la mort de Charlie (on s'en contrefout, on ne la connaît pas, et on ne la connaîtra jamais), Gélin se trompe d'histoire: pourquoi ne pas avoir plutôt évoqué ses derniers mois? Le spectateur aurait alors eut le temps de s'y attacher un minimum.
Gélin passe donc son temps à capturer, pendant plus de 90 minutes, des moments de vie (ça passe dans un court-métrage, pas dans un long). Quelques scènes sont justes, mais la plupart n'ont aucun enjeu et sont là comme ça. Afin de masquer la pauvreté abyssale de son scénario, la structure du film s'articule entre présent et flashbacks ("3 jours plus tôt", "2 ans plus tôt", etc) de manière assez usante. L'émotion ne vient jamais: ce n'est pas parce qu'on sait qu'on est ému. "Comme des frères" est comme une voiture sans moteur.
Gélin réussit toutefois à faire cohabiter trois acteurs de calibres différents à l'écran: Pierre Niney (en surjeu dans la plupart des scènes), Nicolas Duvauchelle (toujours hostile, aussi bien en tant qu'acteur que personnage, mais qui nous fait cette fois l'honneur de ne pas être à poil) et François-Xavier Demaison qui... qui ne fait rien en fait. Niveau humour, c'est plutôt raté (aligner les vannes lourdingues sur un jeu sur la lune ou l'âge de Demaison n'a aucun effet). Niveau émotion aussi car rien n'afflue sinon l'ennui (non, trois airs de guitare et des chansons redondantes en anglais ne suffisent pas). La construction artificielle des situations narratives se discerne très facilement et tout se devine à l'avance. Gélin fait intervenir maladroitement des personnages extérieurs pour faire avancer des situations qui visiblement le bloquait (le petit garçon du Fifouland, moralisateur à souhait, qui remet en question le personnage de Duvauchelle -vous avez déjà croisé un tel gamin?, provoque un gros moment de gêne) où qu'il résout à coup de phrase bateau (la tagline de Micheline Presle, qu'on peut entendre dans la bande-annonce).
Entre deux plans à l'esthétique publicitaire (on se croirait dans une pub pour la nouvelle Volvo 4), ce road trip inoffensif et qui ne raconte rien ne démarre jamais vraiment et reste au point mort. Tant pis.

lundi 19 novembre 2012

POPULAIRE

1h51 - Sortie le 28 Novembre 2012

Un film de Régis Roinsard avec Romain Duris, Déborah François et Bérénice Béjo
Printemps 1958. Rose Pamphyle, 21 ans, vit avec son père, veuf bourru qui tient le bazar d’un petit village normand. Elle doit épouser le fils du garagiste et est promise au destin d’une femme au foyer docile et appliquée. Mais Rose ne veut pas de cette vie. Elle part pour Lisieux où Louis Echard, 36 ans, patron charismatique d’un cabinet d’assurance, cherche une secrétaire. L’entretien d’embauche est un fiasco. Mais Rose a un don : elle tape à la machine à écrire à une vitesse vertigineuse. La jeune femme réveille malgré elle le sportif ambitieux qui sommeille en Louis… Si elle veut le poste, elle devra participer à des concours de vitesse dactylographique. 

La Moyenne des Ours : 2,8/5

La pensée de Juani : 2,5/5
Comme d’habitude, je serai la plus succincte. Pour l’ambiance, les décors, les costumes c’était un film au niveau. Pour ce qui est de l’idée, c’est original, et malgré quelques clichés, c’est correct ; disons que c’est lié aux années 50’s. Par contre, malheureusement, dans la mise en scène et dans l’interprétation (malgré tout le respect que j’peux avoir pour Déborah François et Roman Duris), il y a pas mal de moments où il est difficile d’y croire. Dommage, un peu déçue.

Le point de vue de Pépite : 3/5
Populaire est un premier film plutôt réussi, vieillot et relativement classique dans sa construction, mais tout à fait charmant. Le film met un peu de temps à commencer, mais une fois qu'il trouve son rythme ce premier long métrage de Régis Roinsard commence à devenir vraiment intéressant et entraînant. On s'étonne de se passionner pour ces compétitions de vitesse dactylographiques, on s'attache à cette douce et naïve fille de la campagne qui a un don particulier : elle tape très vite à la machine à écrire, avec seulement deux doigts. Romain Duris, dans le rôle de l'entraîneur dont elle va s'amouracher, est plutôt bon. Lui et Déborah François composent un couple de cinéma attachant et amusant. Le soucis de recomposition de la France de 1958 - au travers des décors, des costumes et du maquillage - est très pertinent, il aide grandement au charme que dégage Populaire. Alors oui, il y a un petit problème de construction et de rythme qui fait que de temps, on est un peu laissés de côté, peut-être un peu lassés de savoir où on va et d'attendre que les choses arrivent... Mais au détour d'une réplique, ou d'une nouvelle compétition, on est à nouveau surpris, et agréablement. Populaire est un premier film plutôt réussi qui augure de bonnes choses quant à l'avenir cinématographique de son réalisateur, Régis Roinsard.

L'Opinion de Tinette : 2,5/5
Je définirai Populaire comme un bon téléfilm. L'univers est sympa, l'histoire est mignonnette .. Voila. On ne s'ennuie pas particulièrement, mais le film n'est pas réellement réussi. Les répliques sont parfois assez clichées, et un trop grand nombres d'entre elles sonnent fausses. J'aime beaucoup Romain Duris en tant qu'acteur, mais là je l'ai souvent trouvé faux sans vraiment comprendre pourquoi. Au niveau scénario, aucune surprise. Mais vraiment AUCUNE. J'ai trouvé le montage trop répétitif durant les scènes de concours, qui étaient pourtant celles qui pouvaient animer le film et y apporter de l'originalité. Les musiques des années 50 sont un vrai plaisir si vous aimez cette époque.
Je n'ai pas grand chose à dire sur ce film, puisqu'il n'est lui même "pas grand chose". C'est sympa, ça occupe un Dimanche soir sur TF1 mais ça ne mérite sûrement pas tout le battage publicitaire qu'on a subit. C'est un film que j'ai vu, et que j'aurai oublié dans deux ans.

Le mot du Comte : 2,5/5
"Populaire", qui est fait pour l'être, a les qualités et les défauts d'un premier film. Cette plongée dans les années 50 à travers l'ascension d'une jeune fille de province dans une compétition de dactylographie est originale, c'est positif. Le formidable déploiement de moyens effectué par Alain Attal, le producteur (15 millions d'euros de budget pour un premier film, c'est dément), rend l'univers de Régis Roinsard crédible et attachant. La structure du film est assez travaillée et cela fait plutôt plaisir.
Romain Duris, bien sérré dans ses costumes, et Déborah François n'ont jamais été aussi séduisants.
L'un des premiers défauts du film réside dans son scénario. Si les vingt premières minutes sont réussies (les vingt dernières également), le film s'enfonce peu à peu dans une certaine fausseté (les acteurs et dialogues en pâtissent), dû à un manque de rythme et une certaine incohérence de caractérisation (le revirement amoureux de Duris au début du dernier tiers du film est trop peu expliqué, et donc incohérent).
Par ailleurs, la musique, beaucoup trop présente (et premier degré), appuie absolument toutes les scènes et souligne toutes les émotions. C'est lourd, et cela parasite le petit suspense que l'histoire déploie. En revanche, le cocktail de tubes des années 50 et 60 est une vraie plus-value.
Dommage également que l'univers du film soit si proche de celui de "OSS117" et ne trouve pas sa propre imagerie (le générique, le second rôle américain avec accent, l'humour absurde, le mimétisme étant poussé jusque dans le recrutement d'un acteur du film d'Hazanavicius -celui qui insulte Dujardin en anglais et rit). Compréhensible, car les deux films partagent le même chef-opérateur (Guillaume Schiffman)
"Populaire" révèle cependant un vrai potentiel et une vraie envie de cinéma.  Un essai presque réussi pour Régis Roinsard, réalisateur à suivre à la loupe et qui gagnera probablement à s'affirmer davantage.

WITHOUT


1h27 - Sortie le 14 Novembre 2012

Un film de Mark Jackson avec Joslyn Jensen et Ron Carrier
Sur une île isolée, Joslyn devient aide à domicile auprès d’un vieil homme en état végétatif. Seule avec lui, dans une grande maison, sans réseau téléphonique, ni accès à Internet, et traversant une douloureuse épreuve personnelle, elle oscille entre le réconfort qu’elle pourrait trouver en sa compagnie et l’étrange sensation de peur et de suspicion que lui inspire le vieil homme. Jour après jour, son quotidien solitaire la pousse à éprouver sa sexualité, la culpabilité et l’abandon, affranchie du regard de tous, ou presque.

Le point de vue de Pépite : 4/5
Without est un film atypique qui oscille entre récit sur l'ennui, chronique d'un deuil et thriller fantastique.
Parfaitement, le film de Mark Jackson ne rentre pas facilement dans une case, et c'est tant mieux. On suit une jeune femme qui s'occupe d'un vieil homme dans une maison isolée, sur une île. Evidemment, elle n'a ni Internet ni réseau : elle est isolée dans tous les sens du terme. A partir de ce point de départ, on assiste à son quotidien de façon très elliptique. Mark Johnson filme toutes les actions de (la superbe !) Joslyn Jensen avec beaucoup d'humour et de douceur. Elle nous apparaît comme fragile et en proies au doute et au chagrin, mais de façon très subtile. Elle fait du sport, se démène pour s'occuper de l'intriguant vieil homme, elle essaie de continuer à vivre. Mais de fil en aiguille, on va commencer à pouvoir la cerner (jamais complètement) et à percevoir l'histoire derrière l'histoire. 
C'est là la grande force de Without : au travers d'une foule de détails sans importance, notre imagination fonctionne à 100 à l'heure et on ne peut s'empêcher de chercher les bords peu palpables de cette histoire. Surtout lorsque celle-ci prend une tournure presque fantastique : Joslyn a une blessure qui apparaît du jour au lendemain sur son dos, son téléphone se déplace pendant la nuit et modifie l'horaire de sa sonnerie, le vieux se téléporte ou la télévision s'éteint... Tout devient très effrayant d'ailleurs ! 
Cela serait peut-être mon seul regret (et celui de mon voisin qui - pourtant très réceptif pendant tout le film - a finalement poussé un long soupir au moment de la fin) : toutes ces pistes narratives énigmatiques n'aboutissent pas. Toutes. Enfin, presque. Toujours est-il que Mark Johnson nous laisse nous débrouiller avec nos suppositions quant à 90% des évènements étranges qui ont lieu pendant son film.
En y réfléchissant, c'est peut-être mieux ainsi. Une partie de la force de Without réside également dans cette constatation qu'il y a certaines choses qui ne s'expliquent pas.
La réalisation et la photographie sont très soignées, celle dernière est très typée "numérique", (peut-être tourné au Canon 5D d'ailleurs), avec de magnifiques pertes de net notamment.
Côté casting, c'est vraiment la jeune Joslyn Jensen qui surprend. Avec beaucoup de sobriété elle parvient à s'imposer à l'image avec beaucoup d'émotion. Elle apporte Without sur son sillon et en fait la surprise de la rentrée. Une petite pépite, peu distribuée, que je vous recommande.

samedi 17 novembre 2012

APRES MAI

2h02 - Sortie le 14 Novembre 2012

Un film d'Olivier Assayas avec Clément Métayer, Lola Creton, Félix Armand
Région parisienne, début des années 70. Jeune lycéen, Gilles est pris dans l’effervescence politique et créatrice de son temps. Comme ses camarades, il est tiraillé entre un engagement radical et des aspirations plus personnelles. De rencontres amoureuses en découvertes artistiques, qui les conduiront en Italie, puis jusqu’à Londres, Gilles et ses amis vont devoir faire des choix décisifs pour trouver leur place dans une époque tumultueuse.

Le point de vue de Pépite : 3/5
Après Mai est un film très personnel qui constitue une véritable chronique d'une époque.
Le dernier film d'Olivier Assayas n'a pas vraiment d'histoire, ou alors a trop d'histoires. C'est la première constatation que je me suis faite en sortant de la projection. C'est long, et il ne se passe pas grand chose. Ou encore une fois, il se passe plein de choses mais il n'y a rien qui puisse vraiment lier tous les évènements : les principaux dialogues (tous très idéalistes) n'aboutissent pas et se terminent souvent sur un fondu au noir, les actions ne sont commentées que par paroles militantes, etc... Mais finalement, je ne reprocherais pas à Olivier Assayas de ne pas commenter ses images de façon classique. J'ai réalisé qu'il a réussi ici - en contournant légèrement la dramaturgie contemporaine - à esquisser les itinéraires de jeunes lycéens, de leurs premiers émois (amoureux, artistiques, politiques) à leurs véritables choix dans leurs vies d'adultes, cela à une époque passionnée, idéaliste et fragile. Le personnage de Gilles est central mais ne constitue que l'un des itinéraires possibles : il aurait pu aussi bien suivre Christine (Lola Créton) plus loin en Italie, ou apprendre le métier de son père - producteur de télévision, etc. Cette position centrale n'est pas exempte de défauts : Gilles n'est passionné que dans ses mots, sinon sa façon d'agir, de se déplacer, son ton lorsqu'il parle, etc., tout est très neutre. Neutre comme Laure (Carole Combes), la première petite amie de Gilles qui débite chacune de ses paroles d'une façon plate et sans saveurs, que ce soit pour dire je t'aime, dire de la poésie ou quitter Gilles...
Ce serait mon principal reproche à Après Mai : la chronique aurait pu être beaucoup plus touchante si les principaux intéressés s'étaient un tant soit peu passionnés pour la vie de liberté qu'ils souhaitent vivre ; à l'instar des nombreuses musiques placées ça et là par Olivier Assayas. Mais ils semblent blasés, et nous perdent ainsi parfois sur la route.

vendredi 16 novembre 2012

TWILIGHT - CHAPITRE 5 : RÉVÉLATION 2E PARTIE

1h55 - 14 Novembre 2012

Un film de Bill Condon avec Kristen Stewart, Robert Pattinson et Taylor Lautner
Après la naissance de sa fille Renesmée, Bella s’adapte peu à peu à sa nouvelle vie de vampire avec le soutien d’Edward. Se sentant menacés par cette naissance d’un nouveau genre, les Volturi déclarent la guerre à la famille Cullen. Pour préparer leur défense, les Cullen vont parcourir le monde pour rassembler les familles de vampires alliées et tenter de repousser les Volturi lors d’un ultime affrontement.

La Moyenne des Ours : 1,8/5

L'Opinion de la Tinette : 1,5/5
Bon. Niveau adaptation ce film est tout simplement zéro. Ils ont juste oublié le seul intérêt du film : l'entraînement des vampires avant l'incroyable grande bataille de fin (ironie). Ici, Bella se réveille comme ça, hop, elle est vampire et appréhende en trente secondes ce que les autres ont mis plusieurs décennies à apprendre pour survivre. C'est son pouvoir d'accord, mais les centaines de pages durant lesquelles elle galère avec ça sont passées à la trappe ? Dans l'ensemble ça reste très niais, mais un peu moins que les autres je trouve. 
Le réalisateur voulait absolument mettre une bataille à la fin du film (car oui dans le livre on se tape a peu près 600 pages pour qu'en une conversation de 5 minutes tout soit réglé) et son idée était bonne. Mais là... Non vraiment ça devient du n'importe quoi. On attend cette "bataille" pendant deux heures, et lorsqu'elle arrive... On ne peut s’empêcher de rire. A la limite les effets ne sont pas horribles, mais l’enchaînement des actions est juste ridicule. Tout comme le reste du film. Le rythme de ce film est juste une catastrophe. 
Le pire dans ce film (en dehors des répliques clichés et du "jeu" de certains acteurs)? Les effets visuels de "Renesmée", la fille des deux choses qui brillent et sautent telles des insectes, est juste... atroce. Il fallait trouver un compromis pour faire comprendre que la gamine grandit vite et qu'en plus elle est consciente de ce qui l'entoure et donc ils ont eu la merveilleuse idée d'imposer à un visage de bébé des expressions d'adultes... c'est juste horriblement fait. Ça fait peur à la limite. Dans l'ensemble les plans et la photo ne sont ni choquants ni incroyables. Le scénario entier tient sur un timbre, la faute au "monstre de littérature" d'origine. 
Que de choses négatives.. Mais il y a quand même quelques petits points positifs : le générique de début qui est beau et évite le début insupportable avec la voix de Kristen Stewart qui nous balance une phrase toute droite sortie du journal intime d'une gamine de 13 ans. J'ai bien aimé quelques scènes du film, quelques répliques m'ont fait rire (et pas seulement par leur ridicule). Et surtout, comme dans tous les autres, la bande originale me plaît. Elle mêle jolies mélodies au piano avec quelques morceaux de pop Rock. J'en ai un peu honte mais j'aime les BO de Twilight.
Au niveau du jeu des acteurs, croyez-le ou non, ils s'améliorent. Robert Pattinson perd un petit peu cette tête de constipé qu'il tenait pendant les trois premiers films, on le voit même sourire de temps en temps. Lautner évolue un petit peu mais ne vole pas bien haut. Et Stewart (qui pour moi est l'actrice la plus insupportable de tous les temps) devient parfois crédible... Elle dépasse les deux expressions faciales et montre dans une scène en particulier qu'elle peut, peut être, jouer...( un petit peu du moins).
A voir si on a vu les quatre premiers, parce qu'il faut voir la fin. Si vous n'êtes pas dans cette situation, passez votre chemin et aller voir autre chose, je pense que dans l'ensemble tous les films du moment sont plus instructifs que celui la (et si vous êtes en couple et que votre nana vous y embarque... J'en suis désolée, il faudra bien y passer !!).

La note de Juani : 2/5

mercredi 14 novembre 2012

LE CAPITAL

1h53 - Sortie le 14 novembre 2012

Un film de Costa Gavras avec Gad Elmaleh, Daniel Mesguich, Céline Sallette, Bernard Lecoq, etc.
La résistible ascension d'un valet de banque dans le monde féroce du Capital.

La Moyenne des Ours : 3/5

Le mot du Comte : 3,5/5
Partant cette fois en croisade contre le sauvage capitalisme banquier, Costa-Gavras livre avec "Le Capital" un film solide, efficace, extrêmement bien narré, mais qui a tendance à enfoncer des portes déjà bien ouvertes.
Si le scénario, très bien écrit et très bien structuré (la montée en puissance, le danger, la chute, la relève), la bonne volonté de Gavras amène parfois le film dans le faux et le surfait. La scène finale est par exemple, complètement improbable (le monologue du président de la banque, dont une partie est reprise sur l'affiche). Même s'il s'encombre de figures connues et relativement encombrante (l'intrigue impliquant le mannequin Nassim est mille fois vue et n'apporte pas grand chose à l'ensemble). Mais Gavras se révèle bon financier et résolut chaque intrigue avec brio.
Le casting est extrêmement bien fourni: Daniel Mesguich (le président déchu) est efficace (même si ses mimiques sonnent parfois exagérées -c'est avant tout un homme de théâtre), Céline Sallette est touchante et Gabriel Byrne, en rapace cupide, est détestable. Bernard Lecoq (autre homme de théâtre) semble encore enfermé dans son rôle de Jacques Chirac ("La Conquête").
Le choix de Gad Elmaleh dans son premier rôle vraiment sérieux (si on passe outre la blague qu'était "La Rafle") est à la fois une bonne et une mauvaise surprise. Il apporte sérieux et crédibilité à son personnage en favorisant un jeu discret, proche du non-jeu, mais ce non-jeu l'amène parfois à l'inexpressivité la plus complète. "Le Capital" relève d'une vraie maîtrise du matériau filmique et des enjeux du scénario. Costa-Gavras signe un film à charge (on n'attendait pas mieux de sa part) mais qui manque un peu de la subtilité d'un Oliver Stone ("Wall Street") et souffre d'un peu trop de didactisme. Certaines scènes ont un peu trop tendance à ressembler à un cours d'économie. En dépit de ses petits défauts, "Le Capital" se révèle être un moment de cinéma d'une efficacité redoutable.

Le point de vue de Pépite : 2,5/5
Le Capital est un film inégal et moralisateur. Quand ça fonctionne, ça fonctionne vraiment. Mais le reste du temps on voit les ficelles grossières cousues par Costa Gavras soucieux de nous pointer du doigt les méchants de l'histoire. Et les méchants de l'histoire sont tous les personnages, sauf 2 (peut-être).
Gad Elmaleh convainc vraiment dans ce rôle de banquier aux dents longues, surtout lorsque le scénario lui donne quelque chose à "becqueter". Le récit de son ascension au début du film est vraiment réussi et entraînant, et l'élaboration d'un plan financier diabolique vers la fin sont deux moments vraiment jouissifs et admirablement racontés et mis en scène.
Costa Gavras utilise un parti pris intéressant mais qui parfois arrive comme un cheveu sur la soupe : un son anxiogène nous alerte qu'on passe dans un fantasme dans lequel Gad Elmaleh "pète un câble" et frappe quelqu'un, ou vire quelqu'un, ou pousse une gueulante... Et puis on revient dans la réalité. L'idée est bonne, et souvent le rendu est également entraînant, amusant et "jouissif". Mais narrativement parlant ça ne semble pas servir le film à 100%. L'intrigue parallèle de l'obsession du banquier pour une Top Model est carrément lourdingue car vraiment trop appuyée. Gad Elmaleh se retourne 10 fois sur elle et se déconcentre complètement lorsqu'il parle à des gens (pourtant) importants parce qu'il la voit... C'est du déjà-vu, et ça n'apporte pas grand chose à l'histoire...
La galerie de personnages avides et machiavéliques (Bernard Lecoq et Gabriel Byrne en tête) est vraiment réussie par contre. Et "le" personnage bon du film (si on met de côté la femme de Gad Elmaleh) interprétée par Céline Sallette est également très intéressant. Mais Costa Gavras tue ce personnage en même temps qu'il tue celui de Gad Elmaleh vers la fin du film lorsqu'il invoque un discours "anti-rêveur" et "pro-Capital". Au final, on comprend de quel côté il est, et on comprend le pessimisme qu'il exprime en bouclant la boucle dans un sentiment d'insatisfaction (de ma part, en tout cas).

AUGUSTINE

1h42 - Sortie le 7 novembre 2012

Un film de Alice Winocour avec Soko, Vincent Lindon, Chiara Mastroianni...
Paris, hiver 1885. A l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, le professeur Charcot étudie une maladie mystérieuse : l’hystérie. Augustine, 19 ans, devient son cobaye favori, la vedette de ses démonstrations d’hypnose. D’objet d’étude, elle deviendra peu à peu objet de désir.

La Moyenne des Ours : 2,5/5

Le point de vue de Pépite : 3/5
Augustine est un joli premier film, admirablement interprété par un couple de comédiens surprenant. 
C'est véritablement Soko et Vincent Lindon qui font vivre ce film non exempt de défauts, défauts inhérents à sa qualité de premier film. La photographie est impeccable, la mise en scène est très juste et rend véritablement service au "sujet" : l'hystérie. Le rythme, un peu lent, pourrait repousser certains spectateurs, mais globalement Augustine intéresse, interpelle et émeut. On pourrait néanmoins regretter que toutes les pistes narratives ne soient pas complètement exploitées (la femme jalouse par exemple).

Le mot du Comte : 2/5
Premier film d'Alice Winocour, "Augustine" est une demie-réussite. A travers l'histoire de cette jeune hystérique et de son paternaliste médecin, le fameux Jean-Martin Charcot, Winocour parvient à installer une vraie ambiance, partagée entre le film d'époque aux allures gothiques et le conte fantastique. Entre brume et images aux blancs poussées (la photographie, toutes en ombres, s'inspire merveilleusement des peintures hollandaises), et aidé par une musique franchement typée, le spectateur est happé dans les lugubres recoins de l'hôpital de la Pitié-Salpetrière.
La première demie-heure est une vraie réussite (la première scène d'hystérie est glaçante). En revanche, le reste l'est moins. Le scénario se découds malheureusement assez vite et l'accumulation de plans inutiles (qui n'apportent absolument rien au récit: Lindon monte des escaliers, Lindon ouvre une porte, Lindon regarde par la fenêtre) est le témoin d'une mise en scène qui manque de cohérence et de cran (le style bien français du caméra-épaule devient assez pénible). Résultat : un "vide" d'une bonne vingtaine de minutes dans lesquelles le spectateur s'ennuie...
Cloitré dans une rigidité médicale, Vincent Lindon gagne en humanité dans le dernier tiers du film. Soko, pour ses premiers pas au cinéma, convainc. Nul doute qu'elle sera sûrement nommée au César du Meilleur Espoir Féminin pour sa performance habitée.
"Augustine" est un film malade, handicapé par son manque de rigueur narratif (même le monteur a du s'ennuyer), mais qui possède de vraies qualité et révèle le potentiel d'Alice Winocour. À suivre...