vendredi 26 avril 2013

HANNAH ARENDT

1h53 - Sortie le 24 avril 2013

Un film de Margarethe Von Trotta avec Barbara Sukowa, Axel Milberg, Janet McTeer
1961. La philosophe juive allemande Hannah Arendt est envoyée à Jérusalem par le New Yorker pour couvrir le procès d’Adolf Eichmann, responsable de la déportation de millions de juifs. Les articles qu’elle publie et sa théorie de “La banalité du mal” déclenchent une controverse sans précédent. Son obstination et l’exigence de sa pensée se heurtent à l’incompréhension de ses proches et provoquent son isolement.

La Moyenne des Ours : 3,3/5

Le Mot du Comte : 3,5/5
Envoyant en pleine face du spectateur sa fascination pour la philosophe Arendt, Margarethe Von Trotta réussit à rendre intéressant le cheminement d'une pensée, la construction d'une théorie, à savoir celle de la banalité du Mal, à travers le procès Eichmann. Montrer quelqu'un qui réfléchit, la tâche n'était pas aisée. Cet exploit ne repose pas sur la mise en scène de Von Trotta, très neutre et très plate. Cet exploit repose avant tout sur la performance de Barbara Sukowa, méconnaissable et fantastique en Hannah Arendt. Elle livre ici de très grands moments de jeu (notamment la scène de l'amphithéâtre, vers la fin du film) et parvient, sans cabotiner, à développer l'intériorité du personnage -et du coup, l'empathie que le spectateur prend pour elle. Quelques fausses notes sont toutefois à déplorer au niveau du jeu de ceux qui l'entourent, surtout dans les scènes d'apéritifs à New-York.
Au niveau du scénario, quelques défauts, comme celui de faire débuter l'intrigue trop tard (l'introduction est vraiment très longue) ou encore cette volonté inexpliquée (et plutôt vaine) de joindre à la ligne d'intrigue principale une sous-intrigue amoureuse sous forme de flash-back (qui exploite la romance entre Arendt et Heidegger), comme si la construction de la théorie semblait ne pas suffire.
"Hannah Arendt" pointe avec intelligence (mais aussi lourdeur) les sectarismes qui peuvent surgir au sein de la communauté juive, à propos d'un sujet sur lequel il est toujours difficile de parler aujourd'hui. Von Trotta ne juge pas et adopte sans questionner la pensée de la philosophe qui, au fur et à mesure de ses écrits, se prend coup sur coup. Ce biopic montre avec simplicité (un peu plus de pugnacité n'aurait cependant pas été de trop) et didactisme ce moment de l'Histoire où un nouvel éclairage, une théorie se construit sur une des atrocités du 20ème siècle. Et cette théorie garde toute sa place aujourd'hui. Le cinéma allemand n'est jamais aussi efficace que lorsqu'il renvoie son peuple à son propre passé.

La note de Pépite : 3/5

Aucun commentaire:

Publier un commentaire